SOPOR AETERNUS AND THE ENSEMBLE OF THE SHADOWS : Songs from the inverted womb

Sois sage, ô ma douleur…

J’accueille l’hiver chaque année de la même manière. C’est un petit rituel personnel : je lis les mêmes livres, j’écoute les mêmes albums. Année après année, je recommence.

J’écoute surtout celui-ci. Il est idéal pour cette petite pluie fine de novembre, celle qui glace les os et humidifie la chair.

Songs from the inverted womb accompagne mes brumes de novembre depuis déjà une bonne dizaine d’années. C’est mon rendez-vous annuel : j’attends chaque début d’hiver Anna Varney dans la blancheur froide de novembre.

Je ne sais pas trop comment décrire formellement cet album, c’est à la fois du rock, du néoclassique avec une pointe d’ambiance médiévale (Eldorado). L’ensemble est tellement gothique. Le groupe arrive à composer une ambiance funèbre et solennelle, c’est très sombre sans tout à fait s’abîmer complètement dans le désespoir.

On se tient là, toujours au bord.

Il y a quelque chose _ des cuivres sautillants, une douce mélodie, … _qui compense la noirceur de la chanson, pour lui donner un peu d’entrain ou l’envelopper d’une délicate mélancolie.

C’est un cocon d’une immense tristesse où malgré tout il fait bon vivre.

Sopor Aeternus transcende la tristesse par la beauté de ses compositions, quelle meilleure manière d’apprivoiser l’immense douleur de cette pluie qui glace les os ?

REVEREND BEAT-MAN & IZOBEL GARCIA : Baile bruja muerto

Sorti en janvier 2019, cet album est hyper cool. C’est mon cher et tendre qui m’a fait découvrir Reverend Beat-Man et je le remercie (#Cassedédi Mon Amour), j’écoute beaucoup depuis.


Je ne savais pas trop qui était Nicole Izobel Garcia et ce qu’elle faisait avant -les zinternets m’informent qu’elle faisait en fait partie de plein de groupe garage aux Etats-Unis- pour moi, elle est apparue comme par magie au détour d’une vidéo YouTube pour servir de comparse/bonne sœur au Reverend.

Je trouve qu’elle apporte pas mal de fraîcheur au Reverend (dont j’adore le « gospel blues trash » par ailleurs !) sa présence permet de revisiter un certain nombre de titres et de leur donner une autre orientation: plus hispanique et sensuelle.

Elle a une voix vraiment géniale, un timbre suave et des accents mélancoliques. Ça contraste parfaitement bien avec la voix rocailleuse de Reverend Beat-Man.

Sur cet album, il y a pas mal de reprises, dont une de Venom, c’est improbable, mais ça fonctionne. Mais au-delà de l’aspect amusant de ces diverses reprises, j’aime particulièrement la première chanson qui ouvre l’album « Pero te amo (but I love you) » : une balade amoureuse et rock’n’roll où l’un et l’autre se répondent. (Il n’en faut pas plus pour mon cœur de Chaton, je suis trop bon public.)

Il y a plein de chansons que j’adore dans cet album, la reprise de « Lass Uns Liebe Machen (Haremos el amor) » est superbe de mélancolie, celle qui suit « Macorina » (une reprise aussi) est géniale aussi, elle a conservé le coté mexicain, mais lui a donné une dimension bien plus sombre.


Bon, je vais pas faire tout l’album comme ça, écoutez-le, il est super bien.

Playlist de la déprime : Octobre

Ça y est, il fait enfin moche, c’est le moment de réécouter de la musique déprimante \o/

Voici ma playlist pour se noyer dans son bain pendant que la pluie coule sur la fenêtre de la salle de bain.

VENTRE DE BICHE : Viens mourir

Vendredi dernier j’ai rencontré quelqu’un qui ne connaissait pas Ventre de Biche, j’en ai été très étonnée. Tant de questions ont alors traversées mon esprit !

Mais qu’a-t-il fait ces quatre dernières années ? Comment rate-t-on une sortie Teenage Menaupose Records ? Comment rate-t-on les travaux d’un membre de la Grande Triple Alliance ? Est-ce qu’il connait SIDA ? Bref…
Il me fallait, à mon échelle (restons humble (tout en parlant à la première personne du pluriel alors que je suis seule u_u’)), participer à réparer cette négligence.

Ventre de biche fait partie de ses groupes de synthé-presque cold-wave/chanson française dégénérée. Pour décrire simplement sa musique c’est un rythme répétitif au synthé (ce qui n’exclut pas un certain sens de la mélodie, hein !), avec des paroles mi-dépressive mi-humour noir par-dessus.

Je trouve que c’est la meilleure des bandes sons de notre époque : au premier abord c’est gris, terne, répétitif. Finalement, c’est aussi drôle, touchant, intelligent, tout en restant toujours dépressif et légèrement amer.

Ça ressemble à nos vies, banalement moches et ennuyantes, mais avec du recul et de l’humour.

ENJOIE !

ps : je n’ai pas parlé du dernier album délibérément, tout simplement parce que je ne l’ai que très peu écouté et qu’il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable.

LAIBACH : Nova Akropola

Il m’a fallu des années pour réellement m’intéresser à Laibach : je ne connaissais d’eux que quelques titres, dont les fameuses reprises de tubes pop. Ça ne me donnait pas spécialement envie d’en savoir plus. C’est effectivement un groupe culte mais mon jeune âge (ahem… plus si jeune en fait :/) m’avait complètement fait passer à côté de leur histoire.

En lisant Industrial musics d’Eric Duboys j’ai découvert un Laibach que je ne soupçonnais pas. Bien plus politique et sombre que l’image un groupe «lol» que j’avais d’eux. D’ailleurs je comprends mieux aujourd’hui, à la lumière de cette lecture, leurs choix musicaux (et leurs reprises des Beatles aussi).

Je sens que j’en ai fait hurler certains avec cette intro, mea culpa, mea maxima culpa. Promis, juré, je me flagellerai matin et soir avec un martinet pour laver cet affront.

N’étant néanmoins pas hyper fan des albums les plus récents, je vous propose aujourd’hui de (ré)-écouter Nova Akropola. Il s’agit en fait d’une compilation de leurs travaux destinée au public occidental. C’est un concentré de leurs travaux de cette période.

Cet album de 1986 est une petite pépite d’indus-totalitaire-martial. Ils nous baladent, au bruit des bottes _toujours_, d’un univers totalitaire aux opéras berlinois.

Le tout est extrêmement oppressant, beaucoup trop réel.

C’est la plus grande réussite de cet album. Ils ont su créer une ambiance parfaite, l’illusion est totale. On est perdu entre la gêne et l’enthousiasme à l’écoute de cet album, parce que, quand même, c’est bon, putain !

De toute façon, j’ai toujours aimé les hommes en uniforme…