VENTRE DE BICHE : Viens mourir

Vendredi dernier j’ai rencontré quelqu’un qui ne connaissait pas Ventre de Biche, j’en ai été très étonnée. Tant de questions ont alors traversées mon esprit !

Mais qu’a-t-il fait ces quatre dernières années ? Comment rate-t-on une sortie Teenage Menaupose Records ? Comment rate-t-on les travaux d’un membre de la Grande Triple Alliance ? Est-ce qu’il connait SIDA ? Bref…
Il me fallait, à mon échelle (restons humble (tout en parlant à la première personne du pluriel alors que je suis seule u_u’)), participer à réparer cette négligence.

Ventre de biche fait partie de ses groupes de sytnhé-presque cold-wave/chanson française dégénérée. Pour décrire simplement sa musique c’est un rythme répétitif au synthé (ce qui n’exclut pas un certain sens de la mélodie, hein !), avec des paroles mi-dépressive mi-humour noir par-dessus.

Je trouve que c’est la meilleure des bandes sons de notre époque : au premier abord c’est gris, terne, répétitif. Finalement, c’est aussi drôle, touchant, intelligent, tout en restant toujours dépressif et légèrement amer.

Ça ressemble à nos vies, banalement moches et ennuyantes, mais avec du recul et de l’humour.

ENJOIE !

ps : je n’ai pas parlé du dernier album délibérément, tout simplement parce que je ne l’ai que très peu écouté et qu’il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable.

Publicités

LAIBACH : Nova Akropola

Il m’a fallu des années pour réellement m’intéresser à Laibach : je ne connaissais d’eux que quelques titres, dont les fameuses reprises de tubes pop. Ça ne me donnait pas spécialement envie d’en savoir plus. C’est effectivement un groupe culte mais mon jeune âge (ahem… plus si jeune en fait :/) m’avait complètement fait passer à côté de leur histoire.

En lisant Industrial musics d’Eric Duboys j’ai découvert un Laibach que je ne soupçonnais pas. Bien plus politique et sombre que l’image un groupe «lol» que j’avais d’eux. D’ailleurs je comprends mieux aujourd’hui, à la lumière de cette lecture, leurs choix musicaux (et leurs reprises des Beatles aussi).

Je sens que j’en ai fait hurler certains avec cette intro, mea culpa, mea maxima culpa. Promis, juré, je me flagellerai matin et soir avec un martinet pour laver cet affront.

N’étant néanmoins pas hyper fan des albums les plus récents, je vous propose aujourd’hui de (ré)-écouter Nova Akropola. Il s’agit en fait d’une compilation de leurs travaux destinée au public occidental. C’est un concentré de leurs travaux de cette période.

Cet album de 1986 est une petite pépite d’indus-totalitaire-martial. Ils nous baladent, au bruit des bottes _toujours_, d’un univers totalitaire aux opéras berlinois.

Le tout est extrêmement oppressant, beaucoup trop réel.

C’est la plus grande réussite de cet album. Ils ont su créer une ambiance parfaite, l’illusion est totale. On est perdu entre la gêne et l’enthousiasme à l’écoute de cet album, parce que, quand même, c’est bon, putain !

De toute façon, j’ai toujours aimé les hommes en uniforme…

EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN : Strategien Gegen Architekturen (80-83)

Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter Einstürzende Neubauten, wikipédia fait ça très bien en plus.

C’est un groupe que j’adore et je n’avais pourtant jamais écouté cet album. Il s’agit d’une compil’ des travaux du groupe entre 80 et 83 comme son nom l’indique. C’est absolument dans l’esprit des premiers albums, ceux que j’aime le plus.

C’est l’été, j’ai donc tout le temps de reprendre la discographie des Neubauten pendant mon temps libre et de ré-écouter plus attentivement la suite des  Strategies against Architecture que j’ai bêtement mis de côté lors de mes écoutes, pensant qu’il s’agissait de reprises et de versions lives qui n’apportaient pas grand chose de plus.

Et bien, c’est faux. Il y a en fait un certain nombres chansons qui ne figurent pas sur les albums (j’ai beaucoup aimé « Schwarz » sur cet album) et les versions lives d’EN ont de toute façon toujours de l’intérêt.

Voilà de quoi m’occuper pendant mes vacances 🙂

ÂME DE BOUE : L’inconfort nécessaire

Cet album n’est malheureusement pas disponible complètement sur internet. Quelques chansons traînent de ci-de là sur Youtube. Je vous laisse chercher.

C’est mon compagnon incontournable des légères gueules de bois et des vagues à l’âme des lundis matin.

C’est doux, triste, un peu amer…. Très bien pour contempler son nombril bientôt avarié et se lamenter sur la vie.

LES MORTS VONT BIEN

Vous avez certainement entendu parler de groupe génialissime, qu’est Les Morts vont Bien, il s’agit de Nico et Krine d’Headwar. Evidemment, comme ils viennent d’Amiens, ça a de la gueule. C’est noise, punk, post-punk, indus. Ils envoient du lourd avec talent.

Juste une info : ils sortent un album en septembre qui contiendra des nouveautés et les 4 chansons du précédent album, désormais introuvable.

C’est l’occasion de le réécouter (mais a-t-on vraiment besoin d’une occasion pour le faire ?)

Quel album ! ❤

Qu’est ce que j’aime le côté tribal de leur son, cette énergie froide teinté d’humour.

Je ne m’en lasse pas.

RAKTA : Falha Comum

Sorti le 1er avril de cette année Falha Comum, n’est clairement pas une blague. Ou alors d’un genre bizarre, comme celle que ferait un enfant étrange et inquiétant dans un rêve singulier. Au milieu de la basse 80’s au son post-punk/darkwave, au milieu des claviers psychés, de la reverb’, s’élève un chant liturgique, une voix étouffée mais prenante…

Avec Falha Comum, Rakta nous propose ni plus ni moins qu’un étrange sabbat sur « les ruines du monde » (je n’invente rien, c’est dans la description de l’album sur bandcamp).

Le ton est donné. Nous voilà invité dans cette danse mystique.
L’album ouvre par une sorte de transe qui met instantanément de l’ambiance. Puis l’ensemble se développe de chanson en chanson comme une sorte de cérémonie païenne sous acide.

Honnêtement je pense avoir préféré les albums précédents, mais essentiellement parce que j’écouterai n’importe quel groupe de post-punk. Celui-ci est objectivement mieux : leurs influences diverses sont bien digérées, ils arrivent à en faire quelque chose de cohérent et de personnel. C’est vraiment un groupe à suivre.