SOPOR AETERNUS AND THE ENSEMBLE OF THE SHADOWS : Songs from the inverted womb

Sois sage, ô ma douleur…

J’accueille l’hiver chaque année de la même manière. C’est un petit rituel personnel : je lis les mêmes livres, j’écoute les mêmes albums. Année après année, je recommence.

J’écoute surtout celui-ci. Il est idéal pour cette petite pluie fine de novembre, celle qui glace les os et humidifie la chair.

Songs from the inverted womb accompagne mes brumes de novembre depuis déjà une bonne dizaine d’années. C’est mon rendez-vous annuel : j’attends chaque début d’hiver Anna Varney dans la blancheur froide de novembre.

Je ne sais pas trop comment décrire formellement cet album, c’est à la fois du rock, du néoclassique avec une pointe d’ambiance médiévale (Eldorado). L’ensemble est tellement gothique. Le groupe arrive à composer une ambiance funèbre et solennelle, c’est très sombre sans tout à fait s’abîmer complètement dans le désespoir.

On se tient là, toujours au bord.

Il y a quelque chose _ des cuivres sautillants, une douce mélodie, … _qui compense la noirceur de la chanson, pour lui donner un peu d’entrain ou l’envelopper d’une délicate mélancolie.

C’est un cocon d’une immense tristesse où malgré tout il fait bon vivre.

Sopor Aeternus transcende la tristesse par la beauté de ses compositions, quelle meilleure manière d’apprivoiser l’immense douleur de cette pluie qui glace les os ?