CCC CNC NCN : Suicidio modo d'uso

Confinement. Claustrophobie. Boulimie. Déprime. Envie d’étouffer avec un oreiller en plumes de canard son conjoint et son chat… Ne serait-ce pas l’ambiance parfaite pour écouter de l’indus ?
(Oui, je sais profiter des plaisirs simples que la vie m’offre).

Donc voici un album inspiré du fameux livre censuré « Suicide mode d’emploi« . Cette censure n’a évidemment pas plu à ce collectif anarchiste qui en a profité pour s’emparer du sujet et pour accoucher (dans la douleur visiblement) de cet album.

Sur le thème du suicide, évidemment.

Je n’ai malheureusement pas les paroles et je suis très peu familière de l’italien hurlé, néanmoins même sans paroles on sent que ça parle de mal-être. C’est l’avantage de cet album : il est extrêmement clair dans son propos.
Ah, oui. vraiment. Pas de doute à avoir, ça ne va pas. Clairement, là, ça ne va pas.

C’est de l’indus « à l’ancienne » comme j’aime. Avec des sons grinçants, parfois des passages un peu cacophoniques…
Il y a tout ce qu’il faut, des instruments dissonants, des vibrations de… trucs (?), des cris… A coté de ça, on trouve quelques passages ambiants qui sonnent comme de petites pauses inquiétantes et tristes.
Mais l’originalité de cet album c’est le chant, le chanteur scande son texte d’une manière vraiment lugubre. Le chant parait véritablement arracher la gorge du chanteur en passant.

En plus, l’enregistrement semble lointain, un peu étouffé, ça donne une ambiance assez particulière de distance avec ce qui est en train de se passer… C’est ce qui fait, je crois, la singularité de cet album : cet effet distant lui offre un caractère introspectif.

Je le ressens comme ça, j’ai vraiment l’impression d’assister à la douleur de quelqu’un à son insu. Comme si quelque part, je n’en étais pas destinatrice. L’album a cette manière d’être douloureusement « renfermé » sur lui-même.

Je ne sais pas… Quand j’écoute cet album j’ai toujours en tête l’image d’un endroit clos, une sorte de cave peut-être, une quelconque pénombre humide et froide avec un mec seul qui hurle sa douleur.

Bon… Et bien… Sur ces bonnes paroles, joyeuse claustrophobie et surtout, heureux confinement à tous !

NON : Total War

Petite ambiance musicale du matin.

Je rappelle, au cas où vous l’auriez oublié, qu’il n’est vraiment pas gentil d’être méchant.
Bisous.

LAIBACH : Nova Akropola

Il m’a fallu des années pour réellement m’intéresser à Laibach : je ne connaissais d’eux que quelques titres, dont les fameuses reprises de tubes pop. Ça ne me donnait pas spécialement envie d’en savoir plus. C’est effectivement un groupe culte mais mon jeune âge (ahem… plus si jeune en fait :/) m’avait complètement fait passer à côté de leur histoire.

En lisant Industrial musics d’Eric Duboys j’ai découvert un Laibach que je ne soupçonnais pas. Bien plus politique et sombre que l’image un groupe «lol» que j’avais d’eux. D’ailleurs je comprends mieux aujourd’hui, à la lumière de cette lecture, leurs choix musicaux (et leurs reprises des Beatles aussi).

Je sens que j’en ai fait hurler certains avec cette intro, mea culpa, mea maxima culpa. Promis, juré, je me flagellerai matin et soir avec un martinet pour laver cet affront.

N’étant néanmoins pas hyper fan des albums les plus récents, je vous propose aujourd’hui de (ré)-écouter Nova Akropola. Il s’agit en fait d’une compilation de leurs travaux destinée au public occidental. C’est un concentré de leurs travaux de cette période.

Cet album de 1986 est une petite pépite d’indus-totalitaire-martial. Ils nous baladent, au bruit des bottes _toujours_, d’un univers totalitaire aux opéras berlinois.

Le tout est extrêmement oppressant, beaucoup trop réel.

C’est la plus grande réussite de cet album. Ils ont su créer une ambiance parfaite, l’illusion est totale. On est perdu entre la gêne et l’enthousiasme à l’écoute de cet album, parce que, quand même, c’est bon, putain !

De toute façon, j’ai toujours aimé les hommes en uniforme…

EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN : Strategien Gegen Architekturen (80-83)

Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter Einstürzende Neubauten, wikipédia fait ça très bien en plus.

C’est un groupe que j’adore et je n’avais pourtant jamais écouté cet album. Il s’agit d’une compil’ des travaux du groupe entre 80 et 83 comme son nom l’indique. C’est absolument dans l’esprit des premiers albums, ceux que j’aime le plus.

C’est l’été, j’ai donc tout le temps de reprendre la discographie des Neubauten pendant mon temps libre et de ré-écouter plus attentivement la suite des  Strategies against Architecture que j’ai bêtement mis de côté lors de mes écoutes, pensant qu’il s’agissait de reprises et de versions lives qui n’apportaient pas grand chose de plus.

Et bien, c’est faux. Il y a en fait un certain nombres chansons qui ne figurent pas sur les albums (j’ai beaucoup aimé « Schwarz » sur cet album) et les versions lives d’EN ont de toute façon toujours de l’intérêt.

Voilà de quoi m’occuper pendant mes vacances 🙂

LES MORTS VONT BIEN

Vous avez certainement entendu parler de groupe génialissime, qu’est Les Morts vont Bien, il s’agit de Nico et Krine d’Headwar. Evidemment, comme ils viennent d’Amiens, ça a de la gueule. C’est noise, punk, post-punk, indus. Ils envoient du lourd avec talent.

Juste une info : ils sortent un album en septembre qui contiendra des nouveautés et les 4 chansons du précédent album, désormais introuvable.

C’est l’occasion de le réécouter (mais a-t-on vraiment besoin d’une occasion pour le faire ?)

Quel album ! ❤

Qu’est ce que j’aime le côté tribal de leur son, cette énergie froide teinté d’humour.

Je ne m’en lasse pas.

JUDAS DONNEGER

Aïe.

C’est un peu l’effet que ça fait au premier abord, Judas Donneger. Ça fait « aïe » pas tant dans les oreilles _enfin si, quand même_ mais surtout dans la tête et le cœur.

C’est sombre. Ça crie, ça crache, ça gueule.

Ça éviscère aussi. Et il bien faut se l’avouer, c’est pas beau à l’intérieur. Mais putain, ça fait du bien aussi d’écouter quelques-uns vomir leurs tripes sans retenue.
On se laisse porter par ces images qui nous conduisent en serpentant dans nos recoins les plus glauques. Des images de parking vides, de camés, de vie de misère, de violence péri-urbaine …
C’est un univers morne à l’horizon plombé comme dirait l’autre.

L’air y est irrespirable, suffocant… ça sent la merde et le sang.

Je ne sais même pas par quel bout vous conseiller d’entrer dans ce groupe, mais je vous conseille d’y faire un tour. (edit : j’ai changé d’avis et mis deux vidéos à la fin !)
Un jour où vous serez prêt à vous prendre ça dans la gueule, parce que c’est toujours une expérience, Judas Donneger.

Moi, je me traine dans leur sillage les matins où ça ne va pas, quand j’ai pas envie, pas envie d’avoir l’air aimable, pas envie de bouger mon cul jusqu’au boulot, pas envie de dire « bonjour, s’il vous plaît, c’est bien urbain à vous mon cher monsieur ». Alors je me réfugie dans leur haine, elle m’enveloppe comme un manteau trop grand pour moi, c’est aussi rassurant qu’inconfortable.
C’est-à-dire que… à la fois ils me consolent de ma difficulté d’être, je me sens moins seule, et en même temps ils me heurtent avec leur violence, ça en fait de la haine à manger au petit-dej.

Enfin, bon ça s’écoute par là https://judasdonneger.bandcamp.com.

Bonne dégustation.

Dernier conseil pour la route : n’hésitez pas à ruminer un peu leurs albums, il me faut toujours peu de temps pour les apprécier.