Playlist de la déprime : Octobre

Ça y est, il fait enfin moche, c’est le moment de réécouter de la musique déprimante \o/

Voici ma playlist pour se noyer dans son bain pendant que la pluie coule sur la fenêtre de la salle de bain.

LES MORTS VONT BIEN

Vous avez certainement entendu parler de groupe génialissime, qu’est Les Morts vont Bien, il s’agit de Nico et Krine d’Headwar. Evidemment, comme ils viennent d’Amiens, ça a de la gueule. C’est noise, punk, post-punk, indus. Ils envoient du lourd avec talent.

Juste une info : ils sortent un album en septembre qui contiendra des nouveautés et les 4 chansons du précédent album, désormais introuvable.

C’est l’occasion de le réécouter (mais a-t-on vraiment besoin d’une occasion pour le faire ?)

Quel album ! ❤

Qu’est ce que j’aime le côté tribal de leur son, cette énergie froide teinté d’humour.

Je ne m’en lasse pas.

RAKTA : Falha Comum

Sorti le 1er avril de cette année Falha Comum, n’est clairement pas une blague. Ou alors d’un genre bizarre, comme celle que ferait un enfant étrange et inquiétant dans un rêve singulier. Au milieu de la basse 80’s au son post-punk/darkwave, au milieu des claviers psychés, de la reverb’, s’élève un chant liturgique, une voix étouffée mais prenante…

Avec Falha Comum, Rakta nous propose ni plus ni moins qu’un étrange sabbat sur « les ruines du monde » (je n’invente rien, c’est dans la description de l’album sur bandcamp).

Le ton est donné. Nous voilà invité dans cette danse mystique.
L’album ouvre par une sorte de transe qui met instantanément de l’ambiance. Puis l’ensemble se développe de chanson en chanson comme une sorte de cérémonie païenne sous acide.

Honnêtement je pense avoir préféré les albums précédents, mais essentiellement parce que j’écouterai n’importe quel groupe de post-punk. Celui-ci est objectivement mieux : leurs influences diverses sont bien digérées, ils arrivent à en faire quelque chose de cohérent et de personnel. C’est vraiment un groupe à suivre.

AUS

C’est grâce à l’excellent site Des Cendres à la Cave que j’ai découvert AUS. Je vous invite à lire l’article en question (ici). Je n’en sais pas plus qu’eux sur l’histoire de ce groupe.

Je sais seulement qu’il s’agit d’un groupe de post-punk féminin originaire de Berlin et que cet album est leur démo.

Elles proposent un post-punk qui sonne comme une sorte de croisement entre X-mal Deutchland pour le chant et Malaria! pour l’aspect punk. Le tout remis au goût du jour. C’est un réel plaisir. Ce n’est certes pas l’originalité absolue, néanmoins c’est hyper addictif.

Je rappelle que c’est leur démo, donc oui, on peut noter quelques défauts, à mon avis, le principal c’est le côté répétitif des chansons.

Mise à part ça, l’album est très bon : la voix froide et détachée se découpe sur le fond de la musique plus rentre-dedans. Ça crée un contraste intéressant qui donne de la profondeur à l’ensemble. Avec, par dessus, des petits claviers assez goth, pour l’atmosphère.

J’aime particulièrement leurs rythmiques percussives. Je suis toujours sensible à cet aspect du post-punk, qui parle directement à mon estomac, alors que le côté mélancolique et froid réveille ma sensibilité. (#TrueDark (mon correcteur automatique me propose «Truffaut», faut vraiment que je me pose des questions sur ma vie)).

Bref, c’est un album envoûtant malgré son tout petit défaut. Je le trouve très « urbain » : il m’évoque la ville, son ciel gris à travers les tours, ses recoins oubliés. Le tout recouvert d’un voile gris. Une ambiance glacée et percutante. J’aime beaucoup.

УТРО (UTRO)

Утро est le side-project post-punk _pas suffisamment mis en avant à mon goût_ des membres de Motorama, qui lui connait un certain succès.
Des nombreux groupes de post-punk sortis ces dernières années, c’est celui que j’écoute le plus.

C’est une musique froide, sobre, dépouillée. Une esthétique austère servie par un chant sec. En russe, ce qui ne gâche pas le plaisir.

Je vous met ci-dessous le premier album, qui est celui par lequel j’ai découvert le groupe. J’aime beaucoup le rythme de la neuvième chanson « Души стареют быстрее тел » (Google translate m’informe que ça signifie « les âmes vieillissent plus vite que les corps »… Joie de vivre et allégresse comme je vous l’avais dit ^^)

Ils ont par la suite sortis deux autres albums que je vous invite à aller écouter sur leur bandcamp.

PLOMB

Si vous suivez l’actu des concerts de post-punk en région parisienne, vous êtes forcément tombé sur Plomb.

Je les ai découverts il y a un petit moment dans l’excellente émission de radio La Trayeuse électrique (anciennement diffusée sur Paris Fréquence Plurielle, maintenant je ne sais pas. Je l’écoute sur Mixcloud ici). Depuis je les ai vus deux fois en concert, en première partie de Crisis au Petit bain et récemment à la boutique Doc Marten’s.

Ils tournent beaucoup en ce moment et je pense qu’il faut absolument les voir sur scène. C’est vraiment le moment où leur musique dégage le plus de force et s’épanouit pleinement. Déjà sur album c’est super, ils font un post-punk énergique, direct et lourd (bien ouais « plomb » ^^), mais sur scène il y a vraiment quelque chose en plus.

Ils ont une grande maîtrise de leur jeu de scène, un vrai lien avec le public, leur plaisir super contagieux. 

Ne ratez pas Plomb en concert !

SIEKIERA : Nowa Aleksandria

Ambiance Guerre froide.

Nowa Aleksandria tourne en boucle chez moi depuis deux semaines (Monsieur ChatonMystère n’a pas un quotidien facile ^^).

Siekiera est un groupe polonais, on ne trouve pas grand chose sur le web français à son sujet et c’est fort dommage à mon avis.
Voilà un album de post-punk à la fois froid et agressif, totalement inscrit dans le son de son époque (1986) entre Joy Division et Killing Joke.

Certaines chansons sont de vrais tubes, « Juz blisko » par exemple est d’une efficacité redoutable. Rentre-dedans et dansante à la fois, avec cette voix grave et légèrement monotone, juste ce qu’il faut pour donner un chant détaché mais dur, âpre.

La piste intrumentale « Na zewnątrz » est une superbe rythmique cold wave. Elle plante le décor merveilleusement. C’est triste, gris, et un peu violent.

Bref, c’est vraiment un très bon album. Pas loin du sans faute et c’est chanté en polonais, ce qui n’est pas pour le déplaire.



JUDAS DONNEGER

Aïe.

C’est un peu l’effet que ça fait au premier abord, Judas Donneger. Ça fait « aïe » pas tant dans les oreilles _enfin si, quand même_ mais surtout dans la tête et le cœur.

C’est sombre. Ça crie, ça crache, ça gueule.

Ça éviscère aussi. Et il bien faut se l’avouer, c’est pas beau à l’intérieur. Mais putain, ça fait du bien aussi d’écouter quelques-uns vomir leurs tripes sans retenue.
On se laisse porter par ces images qui nous conduisent en serpentant dans nos recoins les plus glauques. Des images de parking vides, de camés, de vie de misère, de violence péri-urbaine …
C’est un univers morne à l’horizon plombé comme dirait l’autre.

L’air y est irrespirable, suffocant… ça sent la merde et le sang.

Je ne sais même pas par quel bout vous conseiller d’entrer dans ce groupe, mais je vous conseille d’y faire un tour. (edit : j’ai changé d’avis et mis deux vidéos à la fin !)
Un jour où vous serez prêt à vous prendre ça dans la gueule, parce que c’est toujours une expérience, Judas Donneger.

Moi, je me traine dans leur sillage les matins où ça ne va pas, quand j’ai pas envie, pas envie d’avoir l’air aimable, pas envie de bouger mon cul jusqu’au boulot, pas envie de dire « bonjour, s’il vous plaît, c’est bien urbain à vous mon cher monsieur ». Alors je me réfugie dans leur haine, elle m’enveloppe comme un manteau trop grand pour moi, c’est aussi rassurant qu’inconfortable.
C’est-à-dire que… à la fois ils me consolent de ma difficulté d’être, je me sens moins seule, et en même temps ils me heurtent avec leur violence, ça en fait de la haine à manger au petit-dej.

Enfin, bon ça s’écoute par là https://judasdonneger.bandcamp.com.

Bonne dégustation.

Dernier conseil pour la route : n’hésitez pas à ruminer un peu leurs albums, il me faut toujours peu de temps pour les apprécier.